Mon travail questionne la frontière entre l’humain et l’animal, entre le quotidien et l’apocalypse silencieuse du climat. Chaque peinture est un cri coloré, une tentative de saisir ce moment d’équilibre instable où tout peut basculer.
Biographie
Artiste peintre et docteure en psychologie clinique, je mets en dialogue mes deux parcours : l’expérience de la clinique et la pratique artistique. Ma peinture, expressive et colorée, puise dans la psychologie un regard sensible sur l’humain, ses métamorphoses et ses vulnérabilités. Formée aux ateliers des Beaux-Arts de la Ville de Paris puis diplômée d’une licence en arts plastiques à La Sorbonne, je travaille principalement à l’huile, dont la densité me permet d’explorer des textures organiques, viscérales, parfois dérangeantes. J’alterne avec le crayon et l’aquarelle, en études préparatoires ou pour capter des atmosphères plus légères et fugitives
Démarche artistique
Je m'intéresse à la métamorphose comme une expérience partagée à la fois par l'environnement et le corps. En tant que processus nécessaire de réponse, d'adaptation et de résistance aux instabilités, les figures peintes ne représentent pas la nature, mais la traversent. Les espaces qu'elles habitent subissent submersion, transformation et perturbation, au sein desquels les corps se dissolvent partiellement, altérés par les conditions qui les entourent. Parallèlement à ces transformations environnementales, les corps subissent leurs propres mutations. Les figures issues de l'histoire de l'art, apparaissent capables de métamorphose sans jamais se stabiliser dans une forme symbolique fixe. Elles résistent aux tendances historiques à l'idéalisation et demeurent dans un processus continu de devenir. Ici, la transformation ne conduit pas à une signification ou une définition claire ; elle est façonnée à travers le contexte, l'environnement et les pressions, reflétant l'instabilité des espaces qu'elles habitent. Dans ses œuvres, Ipséité met en avant la transformation comme une condition façonnée par des forces extérieures, plutôt que par la volonté individuelle. Les urgences climatiques, parmi d'autres pressions, déstabilisent les paysages et contraignent les corps à s'adapter et à se transformer. Le geste pictural participe pleinement de ces dynamiques de transformation. La matière est travaillée dans un mouvement d’accumulation, de recouvrement et de glissement, où les formes émergent autant qu’elles se dérobent. La peinture ne fixe pas les corps : elle les altère, les trouble, les fait vaciller. Dans cette instabilité, le geste devient lui-même un espace de tension, où se rejouent les forces de submersion et de résistance qui traversent les figures.
