L'art pour prendre soin
Biografie
Virginie Rasmont est une artiste plasticienne engagée pour la santé, basée à Paris. Elle place le corps féminin au centre de son œuvre. Docteure en pharmacie, son expérience chez L’Oréal en dermo- cosmétique insuffle une dimension thérapeutique à son art. Professeure de yoga, sonothérapeute et secouriste en santé mentale, elle adopte une approche holistique du bien-être. Hôte du podcast Vivre son corps, elle explore la relation des femmes à leur corps. Son engagement artistique et sociétal pour la santé s’illustre notamment à travers des causes majeures comme le cancer du sein, les pathologies cardiovasculaires et la santé mentale.
Künstlerischer Ansatz
Virginie Rasmont se distingue par une démarche artistique profondément ancrée dans la recherche d'un équilibre entre universalité, spiritualité et engagement politique. L’artiste crée un dialogue autour de la féminité, du corps et des relations intimes, tout en plaçant la notion de « soin » au cœur de son œuvre. Au cœur de sa réflexion se trouve le corps féminin, qui émerge à la fois comme symbole d’émancipation et enjeu politique. S’inspirant de penseurs contemporains tels que Camille Froidevaux-Metterie dans son ouvrage « Un corps à soi », Virginie Rasmont s’efforce de déconstruire l’objectification du corps féminin, transformant ses œuvres en espaces de réappropriation où le corps devient un lieu de libération et d’expression personnelle. Cette exploration se prolonge dans son podcast, Vivre son corps, qui offre un espace d’échanges sur la relation que les femmes entretiennent avec leur corps, favorisant ainsi un partage de vécus et de réflexions. Cette réflexion sur le corps est aussi un vecteur d’exploration des dimensions intérieures et collectives de notre existence. À travers ses créations, elle s’interroge sur le temps qui passe, la dualité entre le visible (le corps) et l’invisible (l’âme), sur ce qui nous unit en tant qu’humains : notre vulnérabilité et nos failles, mais aussi les traces immatérielles que chacun·e laisse derrière soi. Qu’est-ce qui demeure lorsque l’on n’est plus ? De quoi héritons-nous tant génétiquement que spirituellement ? Travaillant principalement sur papier, Virginie Rasmont utilise des techniques mixtes — aquarelle, encres et acrylique — qui lui permettent de jouer avec les textures et les transparences, traduisant son approche intuitive et émotionnelle. Ses compositions, d’apparence abstraites, sont en réalité des représentations fragmentées du corps féminin dans toute sa pluralité : vulnérable lorsque soumis à son propre regard, ou puissant jusqu’à pouvoir porter la vie. Les courbes voluptueuses, presque hyperboliques, sont ornées de symboles, comme l’œil dont la forme évoque celle d’une vulve, ou le cœur qui ne désigne pas uniquement le lien affectueux, mais surtout la vitalité. Ses fresques murales élèvent ses recherches sur le corps à une échelle monumentale, invitant le spectateur à une expérience collective et immersive dans l’espace public. Des références à des figures emblématiques telles que Niki de Saint Phalle, Georgia O’Keeffe et Henri Matisse imprègnent son travail, célébrant la vitalité et la puissance des corps féminins. En tant qu’ancienne professionnelle de la santé, l’artiste intègre une dimension thérapeutique dans son art, nourrissant sa pratique de son expérience sensible : la difficulté à composer avec ses émotions, l’acceptation de sa part d’ombre et, enfin, le renouveau. C’est un déploiement sensuel et spirituel qui est dépeint et dont chacun·e peut se saisir. À travers son œuvre, Virginie Rasmont propose une réflexion universelle sur la liberté du corps féminin interrogeant les récits qui l’entourent et célébrant la diversité des expériences vécues. Dans un monde en mutation, son art s’affirme comme un appel à la réinvention et à la célébration de soi, un geste de guérison et de réappropriation.

