Stella Polare, alias Khulkar Yunusova, est une artiste plasticienne franco-ouzbèke dont le travail explore l’urgence de joie comme posture existentielle. Sa pratique mêle peinture, dessin, installation, textile, photographie et art culinaire dans une approche sensible et transdisciplinaire. Inspirée par la médecine, la mémoire, les langues, et la poésie des matières, elle crée des œuvres qui incarnent la vie dans toute sa fragilité et sa puissance. Le concept de vitaculture, qu’elle a elle-même forgé, guide sa recherche : transmettre le message qu'il est urgent d'être joyeux à travers les gestes artistiques. À la croisée des cultures d’Orient et d’Occident, son œuvre trace une géographie intérieure faite de soie, de peinture, de lumière et de silence. Loin des catégories figées, elle invente une langue visuelle hybride, née du dialogue entre le visible et l’invisible, la blessure et la beauté, la mémoire et le rêve.
Biografie
Mon parcours artistique est né dans une tension entre la rigueur et la nécessité. Après des études d’économie et une carrière de 7 ans dans l’industrie pharmaceutique, j’ai travaillé sur un projet en oncologie pédiatrique. Ce fut un déclic. La puissance de vie que j’ai vue chez ces enfants si proches de la mort m’a ouvert les yeux : il me fallait donner un sens nouveau à mon existence. J’ai choisi l’art comme espace de vérité.
Artistieke benadering
Mon art est un acte de présence. Une réponse douce mais insistante à l’intensité de la vie. Il naît dans l’interstice entre la mémoire et la transformation, entre l’Orient et l’Occident, entre le corps intime et les gestes collectifs. Je m’appelle Khulkar Yunusova, mais je crée sous le nom de Stella Polare — l’étoile polaire — en hommage à ma grand-mère et à cette force intérieure qui oriente sans contraindre. Mon médium premier est la peinture, mais je la déborde volontiers vers le textile, l’installation, la photo, la vidéo, l’art culinaire ou le livre d’artiste. Chaque matière devient vivante, résonne, se souvient. J’ai forgé le concept de vitaculture pour nommer ma recherche : cultiver la vitalité dans les gestes, dans les matières, dans la joie urgente. Cette urgence n’est ni euphorie ni fuite — elle est lucidité aimante face à la finitude. J’ai été profondément marquée par mon expérience en oncologie pédiatrique : la gravité y rencontre la tendresse, le présent devient sacré. Depuis, l’art est devenu pour moi un acte d’amour, de soin et de conscience. Je crée pour que la vie circule. Je vis entre deux cultures, l’ouzbèke et la française. Ce sont les langues qui me les rendent les plus tangibles : les idiomes, les proverbes, les manières de dire le monde et le corps. C’est là que se forment mes images. Le mélange de ces deux héritages donne naissance à une langue visuelle nouvelle, hybride, indomptée, qui me permet de dire l’indicible, d’habiter des espaces poreux : entre l’ici et l’ailleurs, le visible et l’invisible, le sacré et le domestique. Ma pratique s’attache au détail et au rituel, à la lumière et à la matière. Je cherche la trace, le souffle, le lien. L’art est pour moi une forme de poésie incarnée — une manière de résister, d’aimer, de transmettre.

