Paréidolie et jeux de l'esprit
Biography
Diplômée de l’école des Beaux-Arts de Paris et de Met de Penninghen, puis diplômée en architecture, Pascale enseigné plusieurs années le dessin et la perspective à l’ESAG Penninghen. Le dessin a toujours accompagné son travail d’architecte, puis la peinture a progressivement repris sa place. Aujourd’hui, ces deux univers se rejoignent. L’architecture lui a appris à construire l’espace. La peinture lui permet de le défaire.
Artistic approach
PARÉIDOLIE ET JEUX DE L’ESPRIT Démarche Je ne cherche pas à représenter un paysage, mais à voir ce qui peut apparaître lorsqu’il se défait. Au départ, il y a souvent quelque chose de réel : un rocher, un arbre, un ciel, de l’eau, une matière… Une image vue, photographiée ou simplement gardée en mémoire. Puis je la transforme. Je déplace, superpose, efface, fais réapparaître. Les éléments se mélangent et finissent parfois par ne plus appartenir au paysage dont ils sont issus. Ma formation d’architecte et mon travail autour du dessin et de la perspective m’ont appris à construire l’espace. Dans ma peinture, j’aime au contraire le faire vaciller. Une profondeur peut devenir une surface. Une ligne peut changer de direction. Un rocher peut devenir une silhouette. Et ce que je pensais avoir peint peut soudain devenir autre chose. C’est alors que le regard intervient. La paréidolie nous fait reconnaître des formes familières dans ce qui n’en est pas forcément une. Chacun peut voir un visage, un animal, une présence, un paysage… ou rien de tout cela. Le tableau n’impose pas une réponse. Il laisse une place au regard de celui qui le découvre. Je ne sais pas toujours où la peinture va m’emmener. Il y a le hasard, les accidents, les hésitations et parfois une forme qui apparaît sans avoir été cherchée. Je peux alors décider de la suivre. Il y a aussi, dans ma façon de peindre, quelque chose qui rejoint ma pratique du jazz et de l’improvisation. Partir d’une structure, d’un thème, puis laisser place à ce qui arrive. Une forme appelle une forme, comme une note peut en appeler une autre. ________________________________________ LES TROIS UNIVERS DROC’H — Le paysage bascule Dans Droc’h, le paysage est encore présent, mais il devient instable. Les perspectives se déplacent, les plans se renversent, les profondeurs se croisent. L’espace que l’on croit reconnaître ne fonctionne plus tout à fait comme prévu. Le paysage est reconnaissable, mais il n’est plus fiable. ________________________________________ LAK’H — Entre ciel et matière Dans Lak’h, la profondeur s’efface davantage. La suppression de la perspective aérienne rapproche les éléments et transforme le paysage en une sorte de matière graphique : ciel, terre, eau, végétation, roche se mêlent. L’image oscille entre paysage et abstraction. Comme un paysage dont il ne resterait que le souvenir. ________________________________________ MIB — Ce qui apparaît Mib est l’univers le plus libre. Les éléments des deux autres séries s’y rencontrent et le hasard prend davantage de place. Une forme apparaît, disparaît, revient autrement. Un accident devient parfois le point de départ d’une nouvelle image. Une silhouette, un visage, un animal, un paysage peuvent surgir là où rien n’avait été prévu. Ce n’est plus seulement moi qui décide de ce que le tableau représente.

