L'Essentiel c'est l'inévidence
Biographie
Originaire d'une banlieue populaire près de Paris, j'étudie les arts plastiques depuis mes 15 ans. Ayant grandis dans un environnement familial et scolaire instable et parfois violent, la création est refuge pour mes peurs, mes rêves et mes cauchemars. J'y trouve des réponses à travers mes années d'études : DMA en fresque et mosaïque obtenu en 2017, Licence d'arts plastiques en 2019, DNA en 2021 et DNSEP en 2023. Toutes ces années de recherche me permettent d'explorer les matières et les sujets centraux dans mon travail, et l'année 2020 qui marque mon entrée aux Beaux-arts de Bourges est un tournant dans ma pratique. Je découvre la peinture à l'huile, le photogramme, l'écriture et développe un univers figuratif mystérieux qui se retrouvera dans maintes expositions. À l'année 2024 se tient ma première exposition publique mise en place par le centre d'art de Dreux. Aujourd'hui je vis à Toulouse et suis ouvrière de métier. Cette nouvelle activité m'offre de nouvelles formes et de nouveaux gestes qui intégreront peut-être ma pratique artistique à l'avenir.
Kënschtleresch Approche
L’ESSENTIEL, C’EST L’INÉVIDENCE C’est créer des images énigmatiques, puis dupliquer, déformer, reformer et transformer leur vocabulaire iconographique. Dans un environnement clos résumé à deux ou trois espaces intimes, le personnage sans nom évolue. Il n’est qu’un prétexte à raconter des choses. Avec lui se déforme tout ce qui l’entoure : objets, plantes, perspectives suivent la trajectoire de son passage qui laisse toujours une trace dans la composition. La lumière qui nous parvient révèle en même temps qu’elle cache et transforme le corps. Elle découpe l’image et la sépare en plans successifs qui s’organisent en différentes profondeurs. Puis, quand les images se multiplient, le récit prend la forme d’un espace dont je m’amuse à construire et à recomposer sans fin les temps et les évolutions, comme le cinéaste découpe et recolle ses bandes de film. Mes travaux sont, entre autre et par conséquent, une recherche sémantique et visuelle sur l’entre-deux, le basculement, la suspension et le passage d’une condition ontologique à une autre, en lien avec l’identité et l’intériorité. Dans une approche cinématographique inspirée de photographes comme Duane Michals, de l’étrangeté de Francesca Woodman ou des monochromes du peintre Jacques Monory, la lumière et ses reflets agissent comme un transformateur actif de l’image où l’ombre est un nous altéré. Voici quelques lignes pour décrire ces tentatives : L’entre-deux. Voir et faire apparaître une coupure et se risquer à entrevoir ce qui s’y cache. Incarné par une figure métamorphe et hybride, le double passe, sans nous voir, sans montrer son visage. Il se tient là. Ou ici. Articulé entre les lignes dans un jeu de bascule entre notre monde et le sien, il n’est que peu ancré dans la matière qui l’emprisonne. Il passe, de cadre en cadre, d’objets en lieux, et finit par se cacher dans les minces interstices qui coupent l’image. Comme au seuil du sommeil, là où les formes et les mécanismes changent de substance, et mettent en suspension un monde qui bascule alors vers le fantastique. Tous les corps se font échos, comme un lien entre les images d’un récit. Feignant l’organicité, ils sont toute l’étoffe de l’espace, tout l’espace d’entre-deux. L’essentiel c’est l’inévidence, le troisième choix, celui du mouvement libre.

