Artiste de l'hybridation : quand l'analyse rencontre la sensation.
Biographie
Matthieu Delfini construit son œuvre au croisement de la rigueur analytique et de la sensation brute. Fasciné par le langage corporel, il cherche à figer l'urgence d'un moment : l'éclat de la lumière, l'atmosphère d'une rue, ou les liens non-dits entre les êtres. Ses toiles, souvent issues de carnets de voyage ou d'expériences in situ (résidence artistique au Cameroun, scènes méditerranéennes), explorent les connexions humaines et l'équilibre fragile entre le corps et son environnement, invitant le spectateur à projeter son propre récit.
Démarche artistique
Ma démarche artistique est née d'une rencontre entre deux mondes : celui, analytique, de la finance, et celui, intuitif, de la création. Cette hybridation est le moteur de mon travail et me confère une approche de l'art à la fois structurée et profondément libre. Mon œuvre est principalement figurative, ancrée dans une peinture du vivant et de la sensation, de l’impression. Que ce soit à travers un carnet de voyage, une fresque murale ou un portrait intime, je cherche à figer l'urgence d'un moment : l'éclat de l'eau, la lumière sur un visage, l'atmosphère d'une rue endormie. L'émotion brute, saisie sur le vif, est mon véritable sujet. J'aime jouer sur les contrastes : la précision du dessin contre la spontanéité de la couleur, la composition classique face à un sujet contemporain. Cette tension crée le dynamisme essentiel à mon regard. Fasciné par la richesse du langage corporel, j’ai commencé à explorer les gestes, les postures, les attitudes physiques, autant de micro-expressions silencieuses qui racontent des histoires, traduisent des tensions, des liens, des solitudes ou encore des introspections. Mon processus vise à capter ce qui ne peut pas toujours être dit avec des mots : les états de conscience du monde. Mes sujets évoluent souvent dans des espaces souvent atemporels où la couleur va transmettre des impressions, déclencher une résonance sensorielle chez le spectateur. L’année dernière, une résidence artistique d’un mois à Bandjoun Station, au Cameroun, a largement enrichi ma réflexion et mon processus créatif. Ce séjour m’a permis de réconcilier mes thèmes centraux – les interconnexions – avec les enjeux spécifiques de l’Afrique subsaharienne. Dans ce contexte riche de contrastes, j’ai observé des relations à la fois empreintes de solidarité et de résilience, où la communauté joue un rôle clé dans les interactions et le quotidien. Ces expériences ont influencé la manière de raconter des histoires dans mes œuvres, en y insufflant une nouvelle perspective, à la fois locale et universelle. En évoluant, je souhaite que les œuvres s’apparentent à des récits visuels ouverts, où le spectateur est invité à projeter sa propre perception, son ressenti. Loin d’imposer une interprétation unique, je cherche à créer un espace de dialogue, qui interroge nos rapports aux autres, au monde et à nous-mêmes. À travers ce cheminement, je tends vers une quête : saisir l’essence de ce qui relie les êtres humains entre eux, au-delà des frontières géographiques, sociales ou culturelles.

