J'explore la texture des émotions, couche après couche.
Biografie
Née à la fin des années 1990, Léa Mpembele Dienda est une artiste peintre autodidacte lilloise. Son rapport à la peinture est né après une période d’épuisement physique et moral. Ce que le corps et l’esprit ne pouvaient plus porter et exprimer dans l’effort, elle commence à l’extérioriser en couleur, en texture, en gestes. Elle choisit de s’ancrer dans le portrait comme lieu d’émotion brute. Les visages et les corps qu’elle peint ou dessine, souvent saisis en gros plans ou dans des détails intimes, révèlent des regards et des gestes à la fois puissants et fragiles, où chaque expression, creux et sillon devient le reflet d’une mémoire émotionnelle. Son médium de prédilection, l’acrylique, lui permet de travailler la matière et la lumière à travers des superpositions, des reliefs, des contrastes marqués. Chaque couche est une strate émotionnelle. À cela s’ajoute l’usage du monochrome en dessin, qui lui permet de pousser le contraste à son paroxysme pour donner au dessin une puissance tactile, presque sculpturale. Aujourd’hui, Léa ouvre un nouveau chapitre de création : un projet où elle mêlera photographie argentique, dessin et peinture. Une plongée dans l’intime, où les médiums dialoguent pour explorer le lien entre corps, mémoire et dualité. Trois médiums qui dialogueront pour révéler ce qui palpite derrière les apparences.
Artistieke benadering
Le travail de Léa Mpembele Dienda s’ancre dans une exploration intime de l’émotion à travers le portrait, principalement féminin. Autodidacte, elle découvre la peinture comme un acte de reconstruction, un langage né du corps lorsque les mots et les forces manquent. La toile devient alors un espace d’extériorisation où se transforment les sensations, les fragilités et les forces intérieures. Le portrait est pour elle un lieu d’émotion brute, un miroir de l’humain dans sa complexité. Les visages qu’elle peint, saisis en gros plans ou dans des détails intimes, révèlent des présences à la fois puissantes et vulnérables. Chaque expression, chaque creux de matière porte la trace d’une mémoire émotionnelle. L’acrylique, son médium de prédilection, lui permet de jouer avec la matière, la lumière et la transparence. Par superpositions successives, elle construit ses œuvres « couche après couche », comme autant de strates sensibles. La texture et le relief deviennent des éléments essentiels de son langage plastique : ils traduisent le mouvement intérieur, donnent chair aux émotions et ancrent la peinture dans une dimension presque tactile. Son geste pictural, instinctif et incarné, cherche à faire émerger la vie des visages qu’elle peint. À travers la couleur, la texture et le contraste, Léa interroge le lien entre corps et mémoire, visible et invisible. Aujourd’hui, elle étend sa pratique vers un dialogue entre peinture, dessin et photographie argentique, poursuivant sa quête d’une expression plurielle de l’intime — là où l’émotion trouve sa texture.

