Étant tout juste diplômé de mon Master des Beaux-Arts de Caen en France avec mention “hospitalité du récit”, l’opportunité de pouvoir développer et faire évoluer ma pratique est un facteur déterminant dans mon parcours. Mon projet s’inscrit dans une démarche exploratoire qui interroge le langage pictural, tout en réfléchissant à ce processus de recherche qui questionne la réparation sous ses plusieurs formes : symbolique, émotionnelle, sociologico-culturelle.
Biographie
Jeune artiste plasticien récemment diplômé de son Master des Beaux-Arts, en processus de recherche lié à une pratique de la peinture à l'huile, de l'histoire colonial, et à la notion de réparation. "Ma peinture nous invitent à repenser notre façon de voir et d'analyser les présences qui nous entourent. Le fait de travailler avec des archives personnelles renvoie aux souvenirs , invitant le regardeur à une forme de promiscuité avec les personnages. La nature photographique de ces images se distord par le biais de la peinture, cette distorsion explore l’idée de comment se réapproprier l’image imbibée de charge mémorielle. Il s’agit d’une archéologie archiviste qui vient interroger la tension entre mémoire individuelle et récits officiels. Travailler avec ces archives photographiques familiales, c’est recréer la réalité et la construire à ma guise. Se réapproprier ce qui nous échappe, transformer le passé parfois rude en une uchronie qui répare et cicatrise les blessures."
Kënschtleresch Approche
Mon travail s'est orienté autour d'une pratique de la peinture à l'huile dans laquelle j'explore l’archive notamment à travers ceux de mes parents lorsqu'ils étaient au Congo pendant la guerre civile dans les années 1990, englobant des souvenirs sensibles dans une réalité politique violente. C’est un regard pictural sur ces questions de transmission culturelle et d'héritage familial. Ainsi, j’ai créé une enquête d’archive de ces événements tel un devoir de mémoire personnel, qui s'inscrit et appartient à une dimension sociale et politique forte, celle des minorités opprimées. Inspiré par la notion “d'auto historias” de Gloria Anzaldua, le caractère narratif est réapproprié à travers la peinture pour dévoiler un regard du sensible. Les figures tantôt fragmentés, découpées dans l’espace en dehors du cadre, dialoguant avec le support de la toile et la matérialité de la peinture composent toutes ces expressivités bruyantes. Telle Bill Kouélany, c’est l’idée d’individus en déplacement, en exil, où le sentiment de ne jamais être au bon endroit se fait voir. Il s'agit d'un processus de réflexion qui vient nous interroger sur notre capacité à guérir des traces du passé, à se réparer des souvenirs d’antan.

